L’analyse des données d’un bilan comptable

Publié le , par La RDE
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Bilan comptable

Que vous soyez un créateur ou un repreneur d’entreprise, l’usage d’un bilan comptable reste une nécessité absolue au sein de votre entreprise. En effet, ce document vous permet d’analyser la rentabilité et le fonctionnement de votre structure professionnelles. La majorité des experts-comptables utilisent ce genre de tableau récapitulatif pour communiquer les informations sur l’état financier d’une société. C’est pourquoi la lecture et la compréhension de ce bilan sont très importantes. Il est vrai que l’interprétation et l’analyse des données dans ce tableau paraissent un peu difficiles. Cependant, plusieurs éléments clefs peuvent vous aider à réaliser cette tâche.

Notion d’un bilan comptable

Par définition, le bilan comptable est un document normalisé faisant partie des comptes annuels d’une entreprise. Il permet à cette dernière de s’informer sur la situation financière et patrimoniale après la période fiscale. Cette période se situe entre la fin d’une année d’activité ou à la date de clôture d’un exercice social. Bref, un bilan comptable est un document financier.

Nommé également « état de synthèse », le bilan comptable résume tous les moyens de production d’une entreprise et tous les procédés de financement mis à sa disposition, dans un tableau. Il fait partie des dossiers pécuniaires appelés « la liasse fiscale ». Ces documents sont exigés annuellement par l’administration française. Le tableau en question est considéré comme une sorte d’aboutissement des travaux comptables.

Notez que ce bilan est établi à l’instant T (une variable). Elle peut être la date de clôture de chaque exercice social ou la date de l’arrêt intermédiaire en cours d’exercice. Le plan d’un bilan comptable est sous forme d’un tableau récapitulatif constitué de deux colonnes principales qui sont : les actifs et les passifs.

Pourquoi la lecture et la compréhension du bilan comptable sont-elles importantes ?

Indispensable, le bilan comptable offre la possibilité de répondre aux questions suivantes : d’où provient l’argent de l’entreprise ? Et où va cet argent ? Après, il sera possible de connaître les ressources d’une société et leurs emplois. C’est pourquoi il est très important de savoir interpréter ce tableau récapitulatif.

Sans conteste, ce bilan reste crucial pour les dirigeants de société et les chefs d’entreprise. L’état financier indiqué dans ce tableau leur donne l’occasion d’évaluer les augmentations et les échecs sur des exercices comptables différents. Autrement dit, ils pourront analyser les points forts et les points faibles au sein de leur établissement. Par la même occasion, ils pourront vérifier le respect des équilibres financiers.

Grâce à ce bilan, un repreneur d’entreprise peut juger la puissance financière, la notoriété et les moyens d’action de sa cible. De la même manière, il pourra évaluer son passé antérieur et son avenir. Ainsi, il sera en mesure d’estimer la valeur de l’entreprise en question. Lors de la reprise d’une telle institution, l’expert-comptable va se baser relativement sur ce résultat pour effectuer sa mission d’accompagnement.

D’ailleurs, ce bilan comptable permet aux organismes de financement de faire une estimation de la structure financière d’une entreprise. À cette occasion, ces derniers pourront analyser le fonctionnement de celle-ci avant de procéder à un nouveau crédit ou des prêts supplémentaires.

Comment lire un bilan comptable ?

Avant de pouvoir effectuer une analyse de bilan comptable, il est avant tout nécessaire d’« apprendre sa lecture ». C’est-à-dire s’informer sur la composition et le contenu du bilan comptable. Rappelons que ce tableau se divise en deux colonnes : à gauche, il y a les ACTIFS et à droite, il y a des PASSIFS. Les actifs représentent ce que l’entreprise possède. À l’inverse, les passifs correspondent à ce qu’elle doit. Il faut quand même noter que le bilan comptable est toujours équilibré. Ce qui veut dire que le total des actifs et celui des passifs doivent être identiques.

La partie gauche du bilan : les actifs

Financièrement, les actifs sont également nommés « emplois ». Il en existe 3 types :

Les actifs immobilisés (placé en haut)

En réalité, ce sont les biens dont l’entreprise peut utiliser durant une longue période. Ces emplois permanents sont appelés « immobilisations » et se divisent en trois catégories. La première est les immobilisations incorporelles : ce sont les fonds de commerce, les marques, et les logiciels. La deuxième est les immobilisations corporelles. Ces dernières correspondent aux immeubles, aux véhicules et aux équipements. La dernière concerne les immobilisations financières comme les titres de participation dans d’autres sociétés ou des cautions. Cela étant dit, le bilan comptable doit contenir la valeur d’origine de l’immobilisation et le montant des rentabilisations et dévalorisations. Sans oublier la valeur nette de l’immobilisation à la date de la mise en œuvre du tableau récapitulatif.

Les actifs circulants (placé en dessous)

Ce type d’actif correspond à l’ensemble des éléments dont l’entreprise possède. Ces biens sont transformés en liquidités. En effet, ce sont les créances clients, les stocks ainsi que les disponibilités en caisse et en banque.

Les comptes de régularisation (placé en bas de l’actif)

Il s’agit des comptes correspondant aux ajustements effectués dans le cadre de la clôture de l’exercice qui viennent augmenter le résultat. Tel est le cas des charges constatées d’avance.

La partie droite du bilan : les passifs

Les passifs sont les ressources dont l’entreprise dispose. Ce sont :

Les capitaux propres (placé en haut)

Généralement, ce type de passif réunit deux différents apports : les apports en capital social (qui sont les apports à la création, les primes d’émission et l’augmentation de capital) et ceux de l’exploitant. Ce dernier concerne plus les entreprises individuelles et le résultat de l’exercice clos. Sans oublier les réserves accumulées, une part des bénéfices qui ne sont pas distribués aux actionnaires et associés.

Les provisions pour les risques et les charges (placé au milieu)

Celles-ci représentent la valorisation des risques pesant sur l’entreprise

Les dettes (placé en dessous)

Évidemment, c’est dans le passif du bilan que toutes les dettes de l’entreprise se trouvent. Elles sont classées par catégories (dettes fournisseurs, dettes financières, dettes fiscales et dettes sociales) et par durée (long terme et court terme).

Les comptes de régularisation (placé en bas du passif)

Tout comme l’actif, le passif du bilan contient également ce genre de compte. Mais dans ce cas-là, ces comptes de régularisation viennent diminuer le résultat. Il s’agit en effet des produits constatés d’avance.

Comment analyser les données d’un bilan comptable ?

L’analyse des données dans un bilan comptable est basée sur des indicateurs financiers bien précis. Afin d’y parvenir, voyons un à un ces indicateurs :

Les indicateurs financiers

  • BFR : Le Besoin en Fonds de Roulement est une donnée visant à comparer les actifs à court terme et les passifs à court terme. Chiffrée, cette donnée peut être positive ou négative. Ensuite, elle permet de voir la différence entre l’encaissement et le décaissement dans la trésorerie d’une société. Donc, pour résumer le BFR en une simple formule, il suffit de soustraire tous les stocks et les créances clients (actifs circulants) aux différentes dettes à payer (passif circulant).

En général, pour chaque entreprise, le BFR reste positif. Mais, il se peut que les ressources à court terme ne soient pas couvertes. Dans ce cas, il faut faire appel à un financement à court terme soit avec le fonds de roulement, soit avec les découverts bancaires. Par ailleurs, il pourra arriver aussi que le BFR soit négatif pour d’autres activités (restaurants, boulangerie, cafeteria, etc.). Une exploitation financière n’est donc pas nécessaire. Cela est de mise, car tous les passifs à court terme dépassent le taux des besoins de financement nécessaire. Mais, quel que soit le chiffre du BFR, cette donnée devra être financée par le FR.

  • FR : Le Fonds de Roulement se repose sur le reste des capitaux permanents à la différence des emplois stables. Ce fonds est constitué par les ressources des associés ou bien par le gain de l’entreprise via sa propre activité. Sa visée principale consiste à financer toutes sortes d’investissement de la société ainsi que ses éventuels besoins. Néanmoins, l’abondance du FR ne pourra pas dissimuler un éventuel déficit d’investissement.
  • TN : la Trésorerie Nette est comme une variable d’ajustement. Positive ou négative, elle sera considérée comme, soit un excédent, soit un déficit du FR. Pour la trouver, il faut faire la différence du FR par rapport aux BFR.

Les ratios financiers indispensables au bilan comptable

Par exploitation du bilan comptable, le ratio financier est calculable. Ces ratios sont présentés sous plusieurs formes : sur les actifs, sur les capitaux propres, sur l’endettement et sur la gestion.

Sur les actifs, il y a d’autres proportions calculables telles que l’intensité capitalistique, le taux d’usure et le taux de croissance externe. Par exemple, ce dernier se résulte sur le rapport entre l’immobilisation corporelle nette et l’immobilisation corporelle brute. Sur l’endettement, il y a également d’autres proportions calculables telles que le taux d’endettement, la couverture des emplois stables et la capacité de remboursement. Ce calcul se résume comme suit :

  • Taux d’endettement = endettement net/capitaux propres
  • Capacité d’endettement = capitaux propres – dettes financières
  • Couverture des emplois stables = ressources stables/emplois stables
  • Capacité de remboursement = dettes financières/capacité d’autofinancement

Sur les capitaux propres, son rapport avec la totalité du bilan donne le taux de solvabilité. Il reste d’autres calculs et formules à faire et à découvrir, mais ce ne sont que des extraits pour tirer les essentiels au clair. Ce sont des calculs de base qui constituent une obligation pour un chef d’entreprise et son expert-comptable. À part ces formules, il convient de rappeler d’autres outils permettant d’analyser les données. Ce sont les annexes comptables et la liste détaillée sur des immobilisations.